T’as déjà entendu parler des CDLM ? On a rencontré Antoine, un des co-fondateurs !

À Paris, il existe un collectif secrètement nommé CDLM, qui sévit dans l’ombre des warehouses, et organise des soirées de qualité en petit comité. Bonheur. Antoine, aka Abribus et co-fondateur des CDLM, nous dévoile sa vision de la teuf. Belle rencontre.

Tu te souviens d’Abribus ? Le tout premier coup de cœur de la semaine signé Tech-on ? Hé bien derrière ce DJ qui galope se cache Antoine, co-fondateur des très prisées CDLM. Les teufs qui vont vibrer les sous-sols de la capitale. DJ, organisateur de soirée, et bientôt producteur, il nous parle de sa vie et de ses beaux projets.

« Depuis la première fois où j’ai écouté de la techno, je ne me suis jamais arrêté. »

Antoine a toujours aimé le 4ème art. Il a commencé avec la guitare à 15 ans, « j’ai toujours aimé écouter de la musique et digger du son », nous confie-t-il. Mais la révélation fut (comme pour beaucoup) berlinoise. « C’était en 2009. La première semaine où j’ai écouté de la techno, j’ai atterri au Berghain direct » Cocasse. Quand il est revenu, il s’est dit « En fait, c’est la techno qu’il faut écouter. » Antoine avait 18 ans.

Puis l’enfant picard grandi. Toujours bercé au rythme mélodieux des musiques électroniques. « Depuis que j’ai commencé à écouter de la techno, je n’ai jamais arrêté ». Son attrait pour l’orga de soirées arrive peu à peu. Il commence alors à organiser les « Beach Party », soirées dans une carrière de sable de sa région.

Abribus - © Vincent Rola
Abribus – © Vincent Rola

Tout commence toujours avec une rencontre

Mais LA rencontre, c’était en 2012. Le 12/12/12, très précisément, avant la fin du monde. « J’ai rencontré H, il voulait organiser une soirée chez lui pour le jour de l’an. On m’a mis en contact car j’avais des enceintes, et il avait entendu parler de moi pour les soirées que j’organisais organisé en Picardie ». Ensemble, ils voulaient faire quelque chose de grand. Après tout, c’était certainement le dernier jour de l’an avant l’apocalypse.

« Il avait tout le 6ème étage d’un immeuble à Porte de la Chapelle, c’était monstrueux. A 6 heures du matin l’ascenseur a brûlé et les pompiers sont arrivés. C’était un bordel ». L’apocalypse donc. Mais c’était surtout le début de quelque chose.

La passion des lieux inexploités

Puis une passion commune, s’ajoute à cette rencontre. C’était l’urbex, l’exploration urbaine. Tu sais, les balades dans des sous terrains ou dans des bâtiments désaffectés, des lieux abandonnés quoi. A l’époque, Antoine et ses amis découvraient avec joie la petite ceinture, comme beaucoup, mais surtout les catacombes, les réseaux ferrés et tous les souterrains de la capitale. « On s’est dit naturellement qu’il fallait faire des teufs sous terre. Surtout qu’on était déçus des offres en terme de musiques électroniques à Paris ». Ils avaient besoin d’un endroit où on découvre un lieu, on fait la fête comme on veut, « sans concession » précise-t-il. « On ne voulait pas faire d’événements à la chaîne. On voulait faire un truc inédit, dont les gens se rappelleraient toute leur vie ».

CDLM - © Vincent Rola
CDLM – © Vincent Rola

Quant à la sélection des lieux, pas de problème, Alex, un autre membre du crew, est un cataphile aguerrit qui connaît tous les spots parisiens, tous les gens dans le monde de l’urbex. D’ailleurs, Antoine, H, Alex et toute l’équipe du CDLM ne rigolent pas avec l’organisation, « une fois que le coup de feu est lancé, on n’a plus le de droit à l’erreur. Donc on prend énormément de précautions à la préparation. On réfléchit à la faisabilité du lieu, on pense à tout pour ne pas qu’il y ait de problème ».  Et d’ailleurs des problèmes, il n’y en a jamais eu de grave.

Leur cheval de bataille ? La qualité du son et la prestation visuelle. « On a un son ultra bien réglé, on y veille. On a une team de 4 VJ et une dizaine de DJ, qui se défoncent pour donner leur maximum. » Le vijing est tout aussi important pour eux que le son. Finalement, participer à une CDLM, c’est un véritable voyage visuel et auditif.

De 2012 à aujourd’hui…

« On s’est un peu perdus dans les chiffres, mais on a fait plus d’une vingtaine de soirées. » Toujours dans les souterrains de Paris. Pour l’originalité des lieux, mais aussi parce que sous terre, le bruit ne s’entend pas ! « On a fait une soirée sous Bastille, c’était incroyable. On avait un lieu de fou avec une hélice d’aération derrière. C’était dingue. »

CDLM - © Vincent Rola
CDLM – © Vincent Rola

Et en 20 teufs (illégales, tu l’auras compris), ils ne se sont faits choper qu’une seule fois. « C’était à Nanterre. On a dû se rabattre sur ce spot la veille car celui qu’on avait choisi était grillé par un autre collectif, et il y avait plus de 300 personnes. On s’est fait repérer, on est partis. » 300, ça paraît beaucoup. Mais les orgas tiennent à connaître tout le monde pour gérer au mieux le déroulement de la soirée.

Une histoire d’entraide

En plus des DJs et des VJs, il y a 30 bénévoles actifs dans l’équipe. Mais en fait tous les participants des CDLM agissent avec eux. « Les gens qui sont là, on leur demande tous de nous aider à la fin, de transporter du matos… Le truc le plus basique. On te demande de participer à la teuf. L’entraide c’est indispensable. » Pour le tarif, c’est pareil, c’est au bon vouloir des gens ! Il y a une cagnotte. Chaque participant met au minimum 5€, mais « les gens sont tellement investis qu’ils mettent souvent plus », précise Antoine.

« Après, ajoute-t-il, il y a des gens qui ont des projets ! Une amie nous a demandé d’organiser une chasse au trésor. Elle a tout planqué partout sous terre. On trouvait que c’était une super bonne idée. Du coup, on a laissé parler sa créativité et on a financé son projet ! »

Antoine aka Abribus, DJ résident des CDLM

Tu as aimé le podcast d’Abribus ? Hé bien, il mixe à toutes les frees organisées par CDLM. « J’ai commencé à mixer pour la CDLM 3 en 2013. Je n’avais jamais mixé. » Antoine aimait tellement le son et digger que ses potes lui ont dit « tu DOIS mixer pour cette édition-là ». Ils lui ont appris à faire le taff en 1 mois. « Evidemment cette fois-ci, je suis arrivé, j’ai fait de la merde ! »

En plus des CDLM, il y a pas mal de soirées publiques, où Abribus mixe régulièrement. « Je suis pote avec les orgas de KIK, du coup je mixais souvent pour eux (ils ont depuis dissout le crew, ndlr). Comme pour ADN, le crew de ton podcast coup de cœur. »

Côté production, Abribus s’y met. « Mais c’est complètement différent. J’adore mixer et digger, mais produire… c’est une approche différente. Je n’étais pas prêt. Là, je commence à faire un track, mais c’est long. Il faut un peu de technique. Tu te tapes des boucles sans fin ! » (rires).

Des orgas, des prod et des soirées… De beaux projets donc pour un acteur à part entière de la jeunesse parisienne délurée. Stay tuned…

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