Rencontre avec Sophian, fondateur de Lowless et Hadal Resonance

Sophian - © Sophian PTP

Il est vrai que quand j’aime quelque chose, je ne l’aime pas qu’à moitié. Alors quand je suis une chaîne sur SoundCloud, j’ai tendance à abuser des pouces en l’air et des reposts à outrance. C’était sans me rendre compte que je me focalisais sur un seul et même compte : Hadal Resonance. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Sophian. Portrait.

C’est un vendredi soir comme un autre, à la sortie du boulot, j’ai rendez-vous avec Sophian. On se retrouve dans la plus grande simplicité à la terrasse d’un PMU pour qu’il m’en dise un peu plus sur lui et surtout sur tous ses projets.

Sophian, c’est un Lillois de 29 ans, qui a débarqué sur Paris depuis peu. C’est aussi un amoureux de la musique, au parcours assez loufoque. Fin autodidacte, il s’est lancé dans la production avant même de savoir mixer. Passionné mais loin d’être un « nazi », comme il le dit, c’est avec sobriété qu’il me parle de son parcours.

Des sources d’inspiration d’ici et de là

Quand je lui demande son premier émoi musical, il me répond que c’est surement l’album Times, de David August, sorti sous Diynamic en 2013. Comme un bon vrai David August, c’est calme, puissant, avec des sonorités d’ici et d’ailleurs.

Quant à ses autres styles musicaux, « j’écoute aussi de la musique classique, des podcasts de jazz et j’adore la musique brésilienne ». Comme l’artiste connaît moins ces styles musicaux que la techno, il est moins dans l’analyse et peut se perdre dans la musique. « Comme quand on écoute un son pour la première fois ». Ce sont des styles légers et mélancoliques, joyeux et tristes, « c’est très romantique comme musique, voilà c’est ça : j’aime les musiques romantiques ».

Sophian - © Sophian PTP
Sophian – © Sophian PTP

Depuis un peu plus de deux ans, Sophian a commencé la prod sous le nom de KobareyL’été dernier, il sort sur Lowless un EP entre minimal et deep house, puis un second, ambient cette fois, au début 2018. Concernant ce dernier, il y a un EP de remix du morceau Orithyia (ci-dessous) qui sortira sur Lowless d’ici la fin de l’année, « avec 4 remixes produits par des potes ». Et pour l’avoir écouté, je peux vous dire que l’EP promet !

Lowless, un label qui privilégie la personnalité

En 2016, il se met à lancer son propre label avec un ami : Lowless. « Lowless ça part de trois choses : 1. « High » pour les musiques transcendantes ; 2. « Low » pour les basses fréquences ; et « Less » pour la touche minimale ». En effet, initialement minimale et plutôt mélodique, au fil des années Lowless s’est ouvert, comme son fondateur, à différents autres styles et s’oriente de plus en plus vers la techno avec une touche dub et ambient. « C’est un label très mélancolique, tu trouveras toujours cette dimension dans au moins un track de nos EP ».

Logo de Lowless - © Lowless
Logo de Lowless – © Lowless

Depuis 2016, il a déjà sorti 13 releases qu’il faut prendre le temps de savourer ! Si l’idée du label lui est venue, c’est surtout car il voulait laisser la chance aux artistes qui ont une vraie personnalité, mais peu de visibilité, de sortir quelque part. Deux sorties sont encore à prévoir d’ici fin 2018.

« Est-ce qu’il y a des artistes avec qui tu aimes travailler ? » – « Bien sûr ! Dycide, une de nos dernières sorties, Daniel[i] avec qui l’on échange souvent. Atomic Moog plus récemment, c’est un oncle et son neveu, des passionnés qui font des prod de dingue avec une vraie recherche identité sonore en plus d’être de supers DJ. Mais il y a aussi Dust Yard, un Français qui fait de la deep tech hyper quali, avec qui j’ai souvent travaillé ou mixé, qui est même devenu un très bon ami ». Après tout, il me rappelle que pour lui, le côté humain de l’artiste, « c’est aussi important que ses qualités musicales ».

« Tes projets d’avenir avec le label ? » – « Une sortie Vinyl en préparation pour début 2019, et sortir un peu plus d’ambient. Mais aussi plus d’events ! Surtout à Paris ». Mais finalement, Sophian ne s’arrête pas à Lowless, c’est ainsi qu’au début de l’année 2018, il décide de monter sa propre chaîne.

A la découverte des abysses avec Hadal Resonance

Sophian, c’est un partageur. Ses découvertes, il veut en faire profiter ses proches et amis de la toile. Alors à l’aube de 2018, Hadal Resonance voit le jour. Pourquoi ? « Je vois plein d’artistes de dingue qui n’ont pas forcément de visibilité, ou que je ne peux pas toujours sortir sur Lowless. Je voulais aussi créer une communauté, sur un style bien particulier : ambient, deep-techno, comme j’aime ! ».

Hadal Resonance - © Hadal Resonance
Hadal Resonance – © Hadal Resonance

Mais « hadal », ça veut dire quoi ? « Ce sont les abysses », m’explique-t-il, avant d’ajouter, « La zone hadale, c’est la zone abyssale, la plus profonde des océans ». Un nom plutôt bien choisi, car on y reconnaît des sonorités des fonds marins, très aquatiques. Ce qu’il aime retrouver dans les musiques qu’il partage.

Hadal Resonance, c’est finalement un mélange de noirceur et de clarté, deux sacrés opposés. Mais le jeune homme ne manque pas de préciser que les opposés, c’est quelque chose qu’il aime voir dans la musique. Ici, on laisse plus place à l’ambient que sur le label. On retrouve des tracks plus abstraits que ce qu’on peut retrouver dans la pure techno, il y a quelque chose de très « hypnotic ». Depuis mars, Hadal Resonance sort 3 upload par semaine.

Un lien étroit entre musique et nature

Finalement, quand Sophian nous parle des musiques électroniques, en allant de la minimale à la techno en passant par la deep et l’ambiant, on se rend compte que ce qu’il recherche c’est la surprise, la sobriété, et la personnalité. Ces sons « purs » qu’il aime retrouver, c’est aussi parce qu’ils sont en lien étroit avec la nature. C’est un travail que l’on retrouve beaucoup chez des artistes qui l’inspirent comme Luigi Tozzi ou encore Dorisburg et Sebastian Mullaert, « la scène suédoise et italienne en gros ».

Ce sont d’ailleurs un peu ces artistes qui l’ont définitivement fait basculer dans la scène techno. Des événements qui l’inspirent ? Le Paral.lel Festival par exemple, où le respect de la nature est une priorité. « L’un ne va pas sans l’autre ». Cette année, c’était d’ailleurs la deuxième fois pour Sophian, où il a pris deux grosses claques avec Valentino Mora, avec un set de 4 heures l’après-midi, et Dasha Rush « qui m’a fait des envolées, vraiment pas mal ! », ajoute-t-il.

Et puisque Sophian c’est un mec sympa, il nous donne ses morceaux à écouter au fil de la journée :

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