Pleins feux sur Hard Fist

Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas parlé d’autre chose que de gros sons assourdissants ici. Il était temps de te présenter Hard Fist, histoire de clore ce mois de mois de janvier un peu plus en douceur (mais toujours dans la danse et la bonne humeur).

C’était le vendredi 15 novembre. Après avoir miraculeusement échappé à l’arrachage de mes dents de sagesse (reporté à la semaine suivante), j’ai pu assister en pleine forme (et avec toutes mes dents) à la géniale soirée Hard Fist qui se tenait au Rex Club. La liste des réjouissances devrait te dire quelque chose : Simple Symmetry (encore eux) et Marvin&Guy (encore eux), accompagnés de Cornelius Doctor et Tushen Raï, créateurs du label et résidents du Rex depuis plusieurs mois. Quelques heures de danse plus tard, les lumières se rallument et je me décide à leur proposer une interview. Le lendemain, attablée à l’Hotel Grand Amour en compagnie de Guillaume et Baptiste (les créateurs de Hard Fist) et des frères Lipsky, plus connus sous le nom de Simple Symmetry, je me dis que les idées impulsives de sept heures du mat valent parfois la peine d’être écoutés. Lumières sur un label qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Des débuts sur les chapeaux de roues

Hard Fist voit le jour il y a trois ans. Guillaume (Cornelius Doctor) est alors résident chez Radio Nova et y mixe deux heures chaque semaine. De son côté, Baptiste (Tushen Raï) ne mixe pas encore mais peut s’enorgueillir d’une très belle collection de vinyles allant de l’électro turque à la musique traditionnelle japonaise, en passant par le disco. Guillaume, à la recherche de quelqu’un pour l’aider chez Nova (deux heures hebdomadaires c’est beaucoup de travail) finit par rencontrer Baptiste grâce au bouche à oreille. L’ébauche d’une collaboration fructueuse.

À l’époque, Guillaume produit de la house, du garage, mais cherche à évoluer vers autre chose. Encouragé par Baptiste -et fort des soirées Thé à la Menthe et de celles au Terminal qu’ils organisent à ce moment là-, il sort un premier EP, Myths of Adulthood. Comme il faut bien un label pour le diffuser (et en version vinyle s’il vous plait), les deux amis décident de monter Hard Fist, dont le nom provocateur est également un petit clin d’oeil à l’ancien crew de Guillaume, Art Feast.

En parallèle, ils poursuivent leur travail pour l’émission Nova et commencent à inviter des artistes de qualité comme Simple Symmetry ou Bawrutt (qui signe d’ailleurs le deuxième EP du label). Ensuite, tout s’accélère. En parallèle des EP et des guests qui se multiplient, les premières soirées Hard Fist voient le jour. C’est à peu près à ce moment là que je commence à les suivre de près, d’abord attirée par une identité visuelle aux petits oignons (déformation professionnelle oblige) et retenue par des prods et des podcasts plus que qualitatifs.

Hard Fist, membre d’une grande famille

Bien implantés à Lyon avec des dates régulières au Terminal ou au Sucre par exemple, Guillaume et Baptiste peuvent également se vanter de représenter le plus jeune label résident du Rex et ce, depuis le mois d’avril. Un succès fulgurant qui peut s’expliquer d’une part, évidemment, par la qualité du travail qu’ils fournissent mais également par la grande solidarité qui porte le courant musical dans lequel ils s’inscrivent. Courant qui ne semble pas vraiment porter de nom mais qui rassemble des artistes des quatre coins du monde, partageant une véritable culture de l’échange et de l’entraide. Loin de la compétition qui règne parfois dans le milieu du son, les compères de Hard Fist l’affirment « c’est une scène d’acteurs, qui aiment vraiment la musique, montent des fêtes des labels, des médias. Pas juste pour soi mais pour le partage. On est un réseau d’activistes, on aime se surprendre les uns les autres, c’est très familial ».

Un scène solidaire

Rapidement entourés et soutenus, donc, par les acteurs influents de cette scène en pleine ascension (Manfredas, Simple Symmetry..) et mis en avant dans des les soirées Garçon Sauvage ou aux Nuits Sonores, les créateurs de Hard Fist trouvent facilement leur place et s’étendent rapidement en France et à l’étranger, avec des tournées en Israël et Palestine par exemple.  Difficile de nommer ce qui réunit tous ces artistes, tant leur musique va puiser ses inspirations un peu partout, des instrus traditionnelles orientales à l’italo disco en passant par le rock. Baptiste souligne « c’est quand même une musique assez évidente, c’est facile de se laisser aller avec, de danser ». Ce à quoi il ajoute, lorsque je lui confie que ma mère apprécie beaucoup, « C’était vraiment important pour moi que ma mère aime ce que je fais ! ». Et si les tracks issues de ce courant mettent tout le monde d’accord c’est peut-être finalement parce qu’elles fonctionnent de manière assez classique « un refrain, des couplets, comme n’importe quel morceau à l’ancienne ».

Porté depuis longtemps par des artistes tels que Cosmo Vitelli ou Ivan Smagghe, le mouvement prend de plus en plus d’ampleur avec l’arrivée aux platines d’artistes comme Moscoman (créateur du label Disco Halal), Manfredas mais aussi de nos copains suisses Ramin&Reda (qui ont d’ailleurs signé la 6ème Hard Fist Tribe). Malgré tout c’est une scène qui réunit d’avord un public d’initiés et les soirées Hard Fist conservent ce côté intimiste qui manque parfois à certaines scènes devenues trop mainstream. Une authenticité qu’ils tiennent à préserver en organisant régulièrement des soirées sous le manteau dans des lieux insolites, (kebab, sex shop..) qu’ils défrichent et décorent à leur guise. C’est comme organiser une teuf à la maison « sauf qu’on n’a plus envie de retourner nos chez nous comme ça ». S’ils font ça avant tout pour se marrer, ils n’en perdent pas pour autant le gout du travail bien fait et sélectionnent leurs guests avec soin, le plus souvent parmi leur collectif de potes lyonnais.

De belles perspectives d’avenir

Forts d’un parcours déjà très riche pour ses trois ans d’existence, Hard Fist n’est pas prêt de s’arrêter là. Guillaume et Baptiste ont en effet plein de projets en tête à commencer par un travail autour d’une nouvelle identité visuelle. Ils prévoient également plusieurs dates en France dont une prochaine au Rex en mars (mais il faudra patienter un peu pour connaitre leurs invités). Ils songent également à une tournée en Asie et en Amérique du sud. Côté sons, si Hard Fist continue sur sa lancée, on peut s’attendre à une très belle année 2020.

>> Les prochaines soirées se dérouleront le 14 février à Barcelone, le 15 à Madrid et le 29 à Berlin.

>> En attendant, tu peux retrouver Hard Fist sur Soundcloud, Facebook et Instagram. Tu peux également faire un tour sur Bandcamp pour te procurer vinyles et t-shirts de qualité.

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