Ma rencontre avec [Wex10]

Portrait de [Wex10] - © {Wex10]

Cette semaine, c’est [Wex10] qui nous fait l’honneur de partager une heure de son. Le Lillois touche-à-tout de 32 ans a déjà parcouru le globe et signé sous de grands labels. Rencontre.

Début décembre, on découvrait avec joie l’artiste lillois, [Wex10], dans une des deux warehouses de la rue Nicolau à Saint-Ouen. Nous nous sommes penchées de plus près sur celui qui a maintenu éveillé une centaine d’oiseaux de nuit, jusqu’à la matinée bien avancée.

C’est pendant ses vacances au ski que Quentin, aka [Wex10], a bien voulu répondre à mes questions. A la sortie des pistes et avant une bonne raclette entre amis (bah ouais, on a tous les mêmes plaisirs dans la vie), on a pu discuter de son parcours, de ses projets et de ses goûts musicaux pendant une bonne heure.

« Je crois que j’aime les musiques électroniques depuis toujours. »

Quentin a 32 ans et vient de Lille. S’il s’est mis à la production il y a 5 ans, il est bercé par les musiques électroniques depuis le plus jeune âge. « J’en écoute depuis mes 10 ans. A l’époque, j’étais branché New Beat avec des artistes comme Amnesia ». Lorsque je lui demande son premier émoi musical, il me répond sans hésitation « Promise Land de Joe Smoothe, en plus c’est de 88, l’année de ma naissance », tout en citant également Your Love de Franky Knuckles.

Il ne manque pas d’ajouter, au détour de quelques échanges, « mais en fait, j’ai un bel héritage culturel grâce à mes parents qui ont influencé ma sensibilité ». En effet, avec une mère dingue de rock, « elle était super fan de U2 », et un père qui berçait son fils avec de la funk et du disco, Quentin a développé son oreille très jeune. Dans les années 90, il se met à écouter de la dance.

Portrait de [Wex10] - © {Wex10]
Portrait de [Wex10] – © {Wex10]

Etre à l’écoute de son public, la clé du succès ?

Puis, Quentin grandi. A l’époque de ses premières sorties, il va beaucoup dans les clubs à la frontière belge. Quand il sort au Cap’tain, c’est presque toujours avec les résidents de la boîte. Là-bas, il se forge sa culture club en étant toujours très attentif : « J’ai pu m’imprégner de l’ambiance et surtout analyser le public du warm up à la fermeture, ce qui me permet aujourd’hui d’appréhender ses réaction ».

En grand observateur, derrière les platines, Quentin ne joue qu’en fonction du public. « En set, je ne prépare jamais mes morceaux, pas même les trois premiers. Si je vois que les gens ne sont pas au top, je passe des morceaux un peu plus commerciaux, mais quand ils sont chauds, je balance la sauce et généralement ça fonctionne ». Plus tard dans la conversation, il me confie que « maîtriser un set, c’est quelque chose qui s’apprend avec l’expérience. C’est assez complexe à gérer, il faut beaucoup d’entraînement ».

Parlons peu, parlons production

« A Lille, ils jouaient beaucoup de hard, de jump et de musiques électroniques très variées. Mais niveau techno : rien. J’ai aussi voulu me diversifier de la deep house que tout le monde jouait ». Alors Quentin se met à la production en 2014. Avec un premier EP, justement nommé « Mental », il commence à faire parler de lui. Peu de temps après, c’est l’heure de gloire pour celui qui s’est enfermé dans sa chambre des jours, des semaines durant pour travailler d’arrache-pied sur ses productions : Luigi Madonna joue son remix d’Indian Spirit de Atze Ton à l’Awakening de 2014 ! « Les gens ont aimé, c’était un super coup de pub, après ça a été très vite », précise-t-il le plus modestement du monde.

En un rien de temps, il signe un track sous le label de Luigi Madonna, intitulé TV Room, qui a été remixé par Roberto Capuano. Faute de temps, précisons que Quentin a un travail à temps plein à côté, il se consacre plus aux remix qu’à la production. Mais ce coup de projecteur lui donne soudain de la notoriété à l’international, promesse d’une carrière qui lui fera parcourir le globe.

L’Europe tend les bras à notre ami Lillois

Il y a trois ans, [Wex10] signe alors sous une agence allemande qui le fait vite tourner en Europe de l’Est. « C’est drôle, je ne suis pas du tout quelqu’un de stressé dans la vie. Mais là, l’enjeu était différent, je n’avais jamais joué devant un public, pas même en France ! Du coup, le vendredi soir je jouais tout seul dans ma chambre, et le lendemain, j’étais en Allemagne, devant 2000 personnes ».

Mais il en a parcouru du chemin ! Depuis 4 ans, il tourne énormément entre l’Allemagne et l’Espagne, pays de Nature Booking, sa nouvelle agence, sous il laquelle signe en 2018.

Curieuse, je lui demande alors s’il ressent une différence entre chaque pays lorsqu’il joue. « Oui bien sûr ! Le public est différent et mes heures de passage aussi. En Espagne, je joue souvent tôt, entre minuit et 2 heures, en Allemagne, je suis booké en pleine nuit, du coup je ne passe pas les mêmes morceaux ! ». Il me précise d’ailleurs que la culture night en Espagne est complètement différente de la nôtre. « Les Espagnols mangent certes tard, mais ils vont en club direct après. Ça arrive souvent qu’à 22 heures, ce soit déjà blindé. En France, il faut attendre 4 heures du mat ! ».

Une question me taraude alors, j’aimerais savoir si [Wex10], dont je me souviens la prestation très énervée ce petit matin de décembre, est plutôt du genre à dormir ou à faire la fête avant de jouer. Il me répond alors, « Non, moi je dors ! Si je suis booké à 6 heures, je mets mon réveil pour y être un peu avant ». Tout en ajoutant, « Ce qui fait ma force, c’est que c’est ma passion, je suis à fond dedans. A n’importe qu’elle heure, j’ai pas besoin d’autre chose ».

2018 sur les chapeaux de roue

2018 signe un nouveau tournant dans la carrière déjà bien avancé de Quentin, « j’avais plus de temps à me consacrer à la production ». Du coup lorsque l’opportunité de signer un EP sous JAM, le label de Sam Paganini, se présente, l’artiste fonce. « J’ai aussi sorti un EP pour ODD Recordings, label de Ramiro Lopez. ».

Ce dernier remporte d’ailleurs un succès fou, notamment avec le morceau JC2204 ! Il a été joué à Tomorrow Land par Sam Pagnanini et Adam Beyer, mais aussi à l’Exit Festival par Amélie Lens, par Carl Cox au Creamfields (extrait ici), Illario Alicante à l’Awakenings (tu peux voir ça juste en dessous) et Fatima Hajji à l’Aquasella (le passage est dispo ici), rien que ça.

En plus de sortir de belles productions, 2018 a été l’année des grands voyages ! « J’ai fait entre 15 et 20 dates. Et le 1er décembre j’ai eu la chance de jouer au Baum, le meilleur des clubs de Bogota ». Plus tard dans notre conversation, il revient sur ce sujet : « Je crois que c’était le meilleur moment de ma carrière ! J’ai joué dans la salle principale en pleine soirée, puis vers 8 heures du matin, dans la seconde salle. Le toit était transparent, j’ai assisté au lever du soleil, c’était magnifique ! ».

Ce qu’il aime aussi dans le monde des musiques électroniques et de la nuit, ce sont les rencontres. « Tu fais des rencontres d’un soir et ça devient tes amis. Tu vois là, je suis encore en contact avec des gens de Bogota, on se parle toutes les semaines. Ça te fait un réseau partout dans le monde et c’est quand même super sympa ! ».

Une année 2019 qui s’annonce très (très) prometteuse !

Bien sûr, [Wex10] ne s’arrête pas en si bon chemin ! En 2019, ce sont d’autres voyages qui l’attendent ! « Je viens d’avoir la confirmation, en février je vais en Inde ! ». Il est attendu pour trois dates à New Delhi, Chennai et Bombai !

Et s’il a commencé l’année à côté de Francfort, il est aussi attendu à Berlin et en Espagne entre mars et avril, et prépare également une date en Bulgarie !

Je lui demande alors avec plein d’espoir, « Et on va bientôt te recroiser dans une warehouse ? ». Chose à laquelle il répond, « Oh tu sais qu’à la warehouse de Saint-Denis, c’était la 3ème fois que je jouais en France sur mes 5 ans de carrière ! ». To be continued…

Nos 3 questions à [Wex10]

T’es du genre à danser ou à être passif derrière les platines ? 

Je bouge juste ma jambe ! [rires]

Y-a-t-il un lieu qui t’inspire plus qu’un autre sur Terre ?

La campagne. J’aime m’y ressourcer et me relaxer. Et une fois que je suis bien dans ma tête, je peux faire ma musique.

Un endroit où sortir ?

Surtout pas Lille (sauf pour boire un verre au Jocker Bar)! La Fabrik à Madrid, Le Lehmann Club à Stuttgart, le Baum à Bogotta… tous des clubs où j’ai joué !

La playlist d’une journée par [Wex10]

Au petit déj :  808 State – Pacific State
Sur la route du travail : Shifted – Gates
Au travail : Majid Jordan – Every Step Every Way
Sur le retour du travail : SHXCXCHCXSH – RSRRCTN (SHFTD RCNSTRCTN)
A l’apéro : Audion – Mouth to Mouth
En date : Sade – Smooth Operator (avec une bouteille de champagne)(le mec fait les choses bien)
Pour s’endormir : Dead Can Dance – The Carnival Is Over

Pour écouter son podcast exclusif pour Tech-on, c’est juste là :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *