J’ai interviewé… Moog Conspiracy

Moog Conspiracy - © Marcus Schroeder

Si tu es un adepte des clubs berlinois, tu as probablement déjà assisté à un set de Moog Conspiracy. Tu serais d’ailleurs un vrai petit veinard… Rencontre avec un Français expatrié dans la capitale européenne de la fête !

C’est à mon retour de Berlin l’été dernier que j’ai découvert Moog Conspiracy. Un mardi matin, en pleine mélancolie berlinoise, je me décide à saigner tous les derniers set de la page SoundCloud du Sisyphos (vous savez, là où nous avons découvert Foolik). Il faut dire que le club a une programmation que je trouve très quali, avec des noms certes peu connus dans l’hexagone, mais non pas moins exceptionnels !

Voilà que je tombe sur un set qui me ferait presque me lever de mon siège en plein openspace ! Le bien nommé  » Poudre d’étoiles Part 1 « , joué au passage à la nouvelle année quelques mois plus tôt au Sisy. Les  » Tracks ID, please ?  » fusent. Voilà que je me retrouve sur  le SoundCloud de l’artiste : Moog Conspiracy.

Moog Conspiracy en live © Archana Thakur
Moog Conspiracy en live © Archana Thakur

Ses playlists, Podcasts et DJ set valent tous le détour. On y découvre son univers plutôt sombre, avec des mélodies dansantes et un amour audible pour les grosses basses et les BPM rapides. En plus d’être bon, il est cool, puisqu’il a bien voulu se prêter au jeu de l’interview pour Tech-on !

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Salut, moi c’est Romain, je produis et joue sous le nom Moog Conspiracy depuis 2007. J’ai habité à Paris jusqu’en 2005 et je me suis installé à Berlin par la suite, en grande partie pour faire de la Techno !

Mon métier, c’est de produire des tracks et de jouer le week-end. Le rêve si on veut ! Je fais de la musique depuis l’âge de 5 ans. J’ai commencé par la batterie, j’ai joué dans pas mal de groupes (rock, métal, psychedelic), avant de faire le plongeon dans la scène électronique à Berlin.

Parle-moi de Moog Conspiracy, quand a commencé ta passion pour la musique électronique ? Quelles ont été tes plus grands émois musicaux ?

Franchement, c’est assez simple. J’ai pris une grosse claque en allant en club à Berlin ! J’ai commencé par des soirées Drum’n’Bass. Le lendemain, j’essayais de recréer ce que j’avais entendu dans mon ordi avec cubase.

Ensuite, j’ai fait une soirée techno, « minimale » à l’époque et j’ai complètement accroché. Ça n’avait rien à voir avec ce que je connaissais : plein de basses, aucune voix sur le morceau, presque pas de lights dans la salle et tout le monde qui s’éclate.

Puis, j’ai un pote qui est passé à Berlin une semaine et qui m a montré Ableton. Suite à ça, j’ai réussi à produire mes premiers tracks Techno, qui sont sorti en avril 2007 sur mon label Elektrotribe. Ça a vraiment été la découverte d’un nouvel univers aux possibilités de créations infinies.

Je vois que sur les réseaux sociaux, tu fais beaucoup de dates à Berlin, quels sont tes endroits favoris ?

À Berlin pour jouer, le Sisyphos ! J’y joue depuis que le club est ouvert. C’est également un de mes endroits préférés pour faire la fête. Sinon le Berghain, le Mensch Meier, le Polygon, le Jonny Knupel, le Keller, le Rummelsbucht, il y en a trop !

Moog Conspiracy en live © Manila May
Moog Conspiracy en live © Manila May

J’apprécie particulièrement les lieux atypiques de la scène underground. Ce week-end je présente mon nouveau live set au Sisyphos (samedi soir). Si un week-end à Berlin vous tente, c’est l’occasion.

Parle-moi de tes dernières soirées. Quel est le public qui vient te voir ? Comment qualifierais-tu ta relation avec ton public ?

Les dernières soirées que j’ai faites étaient des DJs sets assez intenses : au Chalet le mardi, au Keller et au Burg Schnabel. Je n’avais plus fait de date en semaine depuis quelques années, mais c’est vraiment très cool. En ce moment, j’aime beaucoup être dans des situations différentes pour jouer, ça rajoute du challenge par rapport au set Peak Time classiques entre 3 h et 5h.

J’ai joué en after l’après-midi du nouvel an au Rummelsbucht, par exemple. J’aime beaucoup les petits lieux qui permettent d’avoir un lieu direct avec le public, presque intime.

Après, le public varie en fonction du club et de la soirée, il y a quelques « hardcore fan » avec qui je suis généralement très proche et qui viennent à 90% des dates. Mais la scène la plus importante pour moi, c’est le Sisyphos c’est là où j’ai la majeure partie de mon public. Du coup, ce week-end ça va être très fun ! J’ai déjà passé, au nouvel an, plus de 7 heures derrières les platines de la Hammahalle là-bas, ça laisse des bons souvenirs. (C’est bien sûr le set dont je parle au début de l’article ! ndlr.)

Quels sont les artistes et styles de musique qui t’inspirent ?

Principalement les artistes que je signe sur Elektrotribe ! Bien sûr, il y en a d’autres, mais c’est super intéressant parce qu’on échange beaucoup sur nos idées et on travaille sur les morceaux ensemble, c’est du sur-mesure.

Sinon sur la scène techno, j’écoute beaucoup Carl Craig et Len Faki, ce dernier pour les productions super clean. Après, dans les autres styles de musique qui m’inspirent, il y a beaucoup de musiques planantes type Pink Floyd, King Crimson, Radiohead… J’écoutais beaucoup de rock et de métal aussi à une époque, maintenant j’ai plus switché sur la techno.

Peux-tu me parler de ton label en quelques mots ?

Alors le label s’appelle Elektrotribe, je l’ai monté en 2006 avec Jeremy, un pote parisien.

Logo Elektrotribe - © Elektrotribe
Logo Elektrotribe – © Elektrotribe

L’idée derrière le label c’était de créer une plateforme d’échange créatif : on partage les parts des projets sur le net, chacun peut participer et partager les siennes. Ça a pris très vite, on a trouvé une distribution et sorti des disques super intéressants. Au début, c’était très large en terme de son on a sorti du abstract hip-hop, de la drum’n’bass, de la minimale, de la techno évidemment. Puis, ensuite on s’est plus focalisé sur la techno.

On vient d’arriver à la 100ème sortie après quelques années de dur labeur. Elle est sur notre compte Soundcloud en full length, sur Beatport, Spotify etc . On a aussi une playlist qui regroupe 10 ans de son du label et les playlists des anniversaires qu’on a fait au Sisyphos. On en fait une par an l’été avec une dizaine d’artistes à chaque fois.

Quels sont tes projets d’avenir dans la musique ?

Pour l’instant tourner avec mon nouveau Live Set, également présenter quelques showcases du label.

J’ai aussi un second projet que j’ai commencé l’année dernière avec un pote danois, qui s’appelle Moose The Loose, on joue pas mal de vinyles de techno entre 110 et 115 BPM. On a fait quelques festivals, ainsi que des sets au Kater et sur la plage pour l’anniversaire du Sisyphos.

J’ai encore un autre projet qui est en préparation, résolument plus techno que Moog Conspiracy, mais c’est encore secret pour l’instant…

Tes prochaines dates à Berlin ?

Berlin cette semaine. C’est un week-end rallonge comme on les aime. Samedi je joue mon nouveau live set au Sisyphos, le mois prochain je joue pour les 6 ans d’un collectif berlinois qui s’appelle Hangar Techno au Mensch Meier.

Et en Europe ?

Je viens de faire Lyon, j’espère bientôt faire d’autres villes en France avec le live set. Je vais jouer en Pologne, à Poznan, le mois prochain et ensuite à Oslo.

Pour finir, peux-tu me donner tes morceaux à chaque moment de la journée ?

Petit déj : Walk de Pantera pour les réveils énergiques

Sur la route du travail : J’ai pas beaucoup de route à faire, mais il y a toujours un moment dans la journée ou j’écoute les Pink Floyd ou Radiohead.

Au travail : Les morceaux du label, des promos j’en reçois une blinde chaque semaine ! Des morceaux de potes que je mastérise, entre-coupé de musiques non électroniques pour se rafraîchir les oreilles.

A l’apéro : Généralement plutôt des trucs funs , retro, genre Bowie, Talking Head, Cindy Lauper et pas mal de morceaux dont il vaut mieux ne pas parler 😉

Pour s’endormir : J’écoute des trucs zarbis qui s’appellent Binaural Beats, c’est pas vraiment de la musique mais ça marche bien pour récupérer !

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