Chris Liberator en 9 questions

Tout commence toujours par une bonne soirée.

31 octobre, après deux heures (trois ?) à galérer en transports et en VTC, nous voilà enfin à Exodus II. C’est un peu pour fêter mon anniversaire et surtout pour voir Chris Liberator, Mayeul ou MOTH. Te dire que c’était bien serait un euphémisme, c’est honnêtement l’une des meilleures soirées que j’ai faites en 2018 et ce, malgré la galère ultime pour arriver jusqu’au lieu dit.

La fête bat son plein et passe vite, si vite, que quand, à huit heures passées, je reçois un texto, j’ai l’impression de n’y être que depuis une heure ou deux. Le texto en question, c’est celui-là :

Grâce à qui ai-je reçu ce message qui me fait littéralement bondir sur place et hurler comme une furie ? Stéphane aka Moostik’, l’organisateur des Acid Whirl. Ayant visionné nos stories quelques heures auparavant (des vidéos de Chris Liberator pendant son set) (additionnées de commentaires totalement fanatiques probablement causés par l’émotion de le voir enfin sur scène) (ceci arrosé de quelques bières) (on fêtait mon anniversaire je te rappelle), il m’a demandé de lui passer le bonjour. Et lui a ensuite expliqué que je ne serais pas contre une interview. Je t’épargne ma réaction légèrement exagérée, une fois l’émotion passée, en réalisant que j’allais interviewer l’un des patrons de l’acid. Venons-en directement aux faits.

Daron du game et daron tout court

Tout commence par un bref échange de messages où j’apprends que Chris est allé chercher ses enfants à l’école (en Angleterre) après son set (à Survilliers-Fosses) pendant que nous rampions misérablement jusqu’à nos lits. Ça te dresse un personnage. Je lui ai ensuite posé quelques questions. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le parcours de Chris Liberator est sacrément exemplaire. Accroche ta ceinture, c’est parti pour une belle leçon de son !

Oriane : Salut Chris, peux-tu te présenter brièvement ?

Chris Liberator : Salut, je suis Chris Liberator, un DJ londonien. Je joue de la Techno et de l’Acid Techno et j’ai commencé en 1991 au sein du trio Liberator (avec Julian et Aaron Liberator). Nous nous sommes d’abord faits connaître dans les free parties et au sein de la scène Techno underground londonienne et britannique. Je produis aussi et dirige pas mal de labels dont les plus connus sont sûrement Stay Up Forever et Cluster (avec Aaron Liberator) ainsi que Maximum Minimum (parmi beaucoup d’autres). Je gère aussi les plateformes Stay Up Forever et 909 London où l’on peut se procurer pas mal de sons.

O : Qu’as-tu pensé d’EXODUS II ? J’ai adoré ton set et tout particulièrement quand tu as joué Scum Like Us Like Acid, un de mes tracks favoris.

C : EXODUS II était incroyable, ça ressemblait beaucoup aux vieilles raves, celles dans les hangars monstrueux.. Les soirées que la police essaie de couler (quelqu’un avait dénoncé la soirée et les orgas avaient du trouver un autre lieu en urgence, d’où le périple pour arriver jusque là-bas, N.D.L.R.) mais qui se font malgré tout ! La scène parisienne est jeune, vibrante et excitante et cette fête ne faisait pas exception. Heureux de savoir que tu as aimé Scum Like Us, je dois avouer que le lieu s’y prêtait parfaitement !

 O : Comment est-ce que tu qualifierais ton travail ?

C :  Je dirais que je fais principalement de l’Acid Techno et de la Techno londonienne mais c’est un peu réducteur. Au fil du temps la musique que j’ai jouée et produite se rattachait en tout cas à différents genres de Techno. J’aime créer et passer des tracks énergiques, pas forcément hard mais c’est sûr que je ne suis pas un « DJ dodelinant » !!

O : Quelques moments clés dans ta carrière ?

C : Évidemment, mes premiers pas en tant que DJ au début des années 90 en compagnie des autres Liberator ont été super excitants, j’étais encore tout nouveau dans le game à l’époque.. Et, bien sûr, au fil des ans, j’ai énormément voyagé et visité plein d’endroits incroyables. J’ai trouvé la scène brésilienne et vénézuélienne de début 2000 particulièrement mémorable, c’était dingue à chaque fois que j’y allais. Mais j’ai participé à tellement de fêtes inoubliables dans le monde.. Les festivals sauvages en Angleterre comme Castle Morton par exemple étaient incroyables. Et il y en a tant d’autres, je ne peux pas en nommer seulement une ou deux. J’aime toujours autant me retrouver dans un squat pour faire la fête avec mon crew ou atterrir au 414 à Brixton, ma maison spirituelle ! Sinon, côté son, j’ai adoré produire London Acid City (avec Lawrie Immersion) qui reflétait parfaitement son époque, tout comme One Night in Hackney (avec D.A.V.E the Drummer). Mais il y en a tant d’autres.. Je suis aussi très heureux d’avoir sorti 100 titres avec Stay Up Forever, je n’aurais jamais pensé que ça reviendrait en force à ce point. Et c’est pas fini !

O : Décris-moi une journée classique de travail

C : Je me lève, j’emmène les enfants à l’école, je prends le bus ou le métro jusqu’au QG du SUF, j’emballe quelques commandes, vais les poster, je remplis les étagères, passe des coups de fils, réponds à des mails, paie les factures, etc.. Je vais chercher les enfants à l’école et j’emmène ma fille à la danse/ses répétitions de théâtre. Ensuite j’essaie de terminer ce que je n’ai pas eu le temps de faire dans la journée (remettre du stock sur le site, gérer les réseaux sociaux..) !! Évidemment les week-ends sont souvent consacrés aux voyages et aux teufs. J’ai aussi deux groupes de punk donc des répets et des soirées à gérer de ce côté là. Il faut aussi s’occuper de 909london, notre shop en ligne, ce que je fais à chaque petit moment de creux. Et j’essaie de passer un peu de temps avec ma femme quand les enfants dorment et qu’elle rentre du travail.. même si je suis généralement épuisé à ce moment là, haha !

O : Si tu n’étais pas DJ, tu serais quoi ?

C : Écrivain. Il m’arrive d’écrire de temps à autre.

O : Quel morceau est-ce que tu préfères, parmi la multitude de ceux que tu as produits ?

C : J’aime vraiment beaucoup ce que D.A.V.E. The Drummer et moi avons fait avec Ha-Lo (Funky Techno) et Dynamo City (Acid Techno). Il y a également Lochi (avec Lawrie Immersion) : de l’Acid complètement dingue que j’affectionne encore aujourd’hui. Je ne peux pas en citer un seul, il y en a trop auxquels je suis attaché (parmi la centaine où j’ai eu la chance d’être impliqué). J’ai passé d’excellents moments à produire en compagnie d’artistes incroyables comme Geezer, Sterling Moss ou les susnommés Lawrie Immersion et D.A.V.E The Drummer (pour ne citer qu’eux), ou de mon côté. Je n’ai pas trop l’occasion de le faire ces temps-ci malheureusement.

O : Quel est ton morceau préféré pour commencer un set ? Et pour le terminer ?

C : Je commence toujours par de la Techno ! En ce moment quelque chose comme Cluster 96 ou 97.. Et je termine avec de l’Acid, SUF special 009 par exemple, qui regroupe quatre morceaux incroyables !

O : Si tu devais me conseiller un jeune artiste talentueux ?

C : Benji 303 déboîte en ce moment. Il y a aussi Ciuciek ou L. Self. Et encore tellement, tellement d’autres (testés et approuvés, N.D.L.R.).

Un grand merci Chris pour ces réponses très inspirantes !

>> Pour retrouver Chris, RDV sur sa page Facebook ou sur Resident Advisor

>> Rendez-vous également sur ses plateformes de téléchargement : Stay Up Forever et 909 London

>> Chris se produira le 9 février au Zénith de Toulouse

 

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